Silence (nom masculin, subst. masculin)


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 

Fait de ne pas parler; État de celui qui s'abstient de parler. "Observer le . Faire . Imposer . Rompre le . Garder le sur une chose. Mon vous en dira plus que mes paroles. Le est quelquefois éloquent. Un prudent. Je vous demande du , un instant de . Une minute de . Il souffre en . On a acheté son . Un long . Un profond . Le règne."
Il s'emploie elliptiquement, par forme d'interjection, au lieu de Faites , faisons silence. "Silence, messieurs." On dit aussi : "Du ; un peu de ."
Fig., "Imposer aux médisants, à la calomnie, au mensonge, etc., les réduire au ," Faire que leurs médisances, leurs calomnies, etc., ne trouvent plus de crédit et qu'ils soient par là forcés de se taire.
Fig., "Imposer à ses passions," Les réprimer, empêcher qu'elles ne troublent l'âme, qu'elles ne l'agitent.
SILENCE se dit, par extension, du Fait de ne pas exprimer sa pensée, oralement ou par écrit. "Depuis longtemps, cet écrivain garde le . On l'a réduit au ."
"Passer une chose sous ," N'en point parler. "Passez cela sous . Je passe sous ses infidélités."
SILENCE se dit encore de l'Absence de mention d'une chose, du manque de témoignage sur un sujet, sur un fait. "Les historiens font sur ce fait. Le des journaux sur cet incident est significatif."
"Le de la loi" se dit pour exprimer que Le fait dont il s'agit n'est pas prévu par la loi.
SILENCE se dit encore de la Cessation de commerce de lettres entre personnes qui étaient dans l'habitude de s'écrire. "Il y a longtemps que je n'ai reçu de vos nouvelles : quelle est la cause de votre , de ce long ? Après avoir été longtemps sans vous écrire, je romps enfin le silence."
Il désigne aussi le Calme, la cessation de toute sorte de bruit. "Le de la nuit. Le des bois. Rien ne trouble le qui règne en ces lieux. Vivre dans la retraite et dans le ."
"Faire une chose dans le ," La faire secrètement, avec mystère. "Les conjurés concertèrent dans le la perte du tyran."
SILENCE, en termes de Musique, se dit de l'Interruption du son dans une phrase musicale. "Ce morceau est coupé par des s."
Il se dit aussi des Signes qui marquent cette interruption. "Il y a sept sortes de s : la pause, la demi-pause, le soupir, le demi-soupir, le quart de soupir, le huitième de soupir et le seizième de soupir. Observer les s."



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   Etat d'une personne qui s'abstient de parler.
BALZ.: « Il supportait beaucoup de choses qu'il n'approuvait pas [chez les prédicateurs] ; et, comme il ne refusait jamais ses louanges au mérite, il donnait volontiers son à ce qui ne méritait pas d'être loué »
CORN.: « Faites-lui du , et l'écoutez parler »
CORN.: « Notre reine.... Doit rompre aux yeux de tous son obstiné »
LA ROCHEFOUC.: « Il y a un de discrétion et de repos »
PASC.: « Il faut se tenir en autant qu'on peut, et ne s'entretenir que de Dieu, qu'on sait être la vérité »
PASC.: « En amour un vaut mieux qu'un langage ; il est bon d'être interdit ; il y a une éloquence de qui pénètre plus que la langue ne saurait faire »
BOSSUET: « Rappelez en votre mémoire avec quelle circonspection elle ménageait le prochain, et combien elle avait d'aversion pour les discours empoisonnés de la médisance ; elle savait de quel poids est non-seulement la moindre parole, mais le même des princes »
BOSSUET: « La reine d'Angleterre disait que les princes devaient garder le même que les confesseurs, et avoir la même discrétion »
BOSSUET: « Il y a trois sortes de : le de zèle, le de prudence dans les conversations, et le de patience dans les contradictions »
QUIN.: « Nous avons fait afin de l'écouter »
BOILEAU: « ... Un des campagnards, relevant sa moustache.... Impose à tous .... »
RAC.: « Sa réponse [de Néron] est dictée, et même son »
RAC.: « Pour garder jusqu'au bout un perfide »
RAC.: « Elle [Rome] se tait du moins ; imitez son »
FÉN.: « Toute la troupe, étonnée, demeura dans le »
FÉN.: « D'abord il se fit un profond dans toute l'armée »
MONTESQ.: « Bientôt règne entre nous ce doux qui est le plus tendre langage des amants »
VOLT.: « Obéir en est votre seule gloire »
VOLT.: « Le n'est point une contradiction »
LACHAUSSÉE: « Je voudrais bien savoir à quoi sert le ; Il ne guérit de rien ; au contraire, il aigrit Les maux et les tourments du coeur et de l'esprit »
L'ABBÉ DE BEAUVAIS: « Le peuple n'a pas sans doute le droit de murmurer ; mais sans doute aussi il a le droit de se taire, et son est la leçon des rois »
STAËL: « Le est profond : la parole ferait un mal insupportable dans cet état de l'âme où tout est intime et intérieur »
LAMART.: « Un regard, un , un accent de sa voix.... ô lyre, en disent plus que ta vaine harmonie »
    Il se dit au pluriel.
CORN.: « J'aime assez qu'on s'explique ; Les s de cour ont de la politique »
    Elliptiquement, !
C. DELAV.: « Chères soeurs, suspendons nos chants : Respectons ses chagrins ; elle approche, ! »
C. DELAV.: « Silence au camp ! la vierge est prisonnière.... Silence au camp ! la vierge va périr »
LAMART.: « Son cercueil est fermé : Dieu l'a jugé ; ! »
    On dit aussi quelquefois : du , un peu de .
    Fig. Réduire au , ôter tout moyen de faire une réponse qui satisfasse.
J. J. ROUSS.: « Qu'on me parle tant qu'on voudra de combinaisons et de chances ; que vous sert de me réduire au , si vous ne pouvez m'amener à la persuasion ? »
    Fig. Imposer aux médisances, à la calomnie, au mensonge, etc les réduire au , faire que les médisances, que les calomnies, que les mensonges ne trouvent plus crédit et n'osent plus se produire.
RAC.: « Prêt d'imposer à ce bruit imposteur »

 2   Par analogie, il se dit du langage écrit. Le des journaux sur ce fait.
PASC.: « Le est la plus grande persécution : jamais les saints ne se sont tus »
BOSSUET: « Le seul qui s'y fait entendre [parmi les protestants] depuis tant d'années, et à qui, par un si grand , tous les autres semblent laisser la défense de votre cause, c'est le ministre Jurieu »
BOILEAU: « Grand roi, si jusqu'ici, par un trait de prudence, J'ai demeuré pour toi dans un humble »
BOILEAU: « J'imite de Conrart le prudent »
D'ALEMB.: « Le peu que nous venons de dire est suffisant pour engager les lecteurs éclairés à se tenir sur leurs gardes, à se défier et de la louange et du blâme, et du même ; car le a aussi sa malignité et son injustice »
    On dit dans un sens analogue : J'ai adressé une demande à cet administrateur, à cette administration ; mais il garde, elle garde le .
    Passer une chose sous , n'en point parler.
    Ancien terme de chancellerie et de matière criminelle. Le roi imposait à ses procureurs généraux, lorsqu'il leur défendait de poursuivre davantage l'affaire criminelle pour laquelle il avait donné des lettres d'abolition.

 3   Le de la loi, se dit en parlant d'un cas que la loi n'a pas prévu.

 4   Interruption dans un commerce de lettres. Je ne puis expliquer votre long . Après avoir été longtemps sans vous écrire, je romps enfin le .
SÉV.: « La même raison, monsieur, qui fait votre , fait aussi le mien »

 5   Secret.
SÉV.: « Tout cela sera plongé, s'il plaît à Dieu, dans le ; c'est tout le mieux »
RAC.: « Cet amour s'est longtemps accru dans le »
DIDER.: « Le secret et le sont les conditions d'un pacte entre le bienfaiteur délicat et son obligé »
MARMONTEL: « Ce qui nuirait s'il était connu, doit demeurer à jamais caché ; et la vérité dangereuse a le pour asile »
DUCIS: « [à Venise, sous l'inquisition d'État] La mort frappe sans bruit, le sang coule en »

 6   Oubli.
SÉV.: « Elle [cette affaire] n'est bonne qu'à jeter dans l'abîme du »
FLÉCH.: « Leur vie [des pécheurs] passe comme l'ombre ; il vient un jour fatal où périssent toutes leurs pensées ; leur mémoire fait un peu de bruit, et va se perdre dans un éternel »

 7   Fig. Calme, absence de bruit.
THÉOPHILE: « On n'oit que le , on ne voit rien que l'ombre »
PASC.: « Le éternel de ces espaces infinis m'effraie »
QUIN.: « Ma soeur, qui peut causer votre sombre tristesse ? Le des bois sert à l'entretenir »
BOILEAU: « Pour animer ma voix, J'ai besoin du et de l'ombre des bois »
BOILEAU: « Là parmi les douceurs d'un tranquille »
RAC.: « Des victimes vous-même interrogez le flanc ; Du des vents demandez-leur la cause »
FONTEN.: « Il semble pendant la nuit que tout soit en repos ; on s'imagine que les étoiles marchent avec plus de que le soleil »
J. J. ROUSS.: « Un absolu porte à la tristesse ; il offre une image de la mort ; alors le secours d'une imagination riante est nécessaire »
DELILLE: « Il regarde, il écoute ; hélas ! dans l'ombre immense, Il ne voit que la nuit, n'entend que le »
VOLNEY: « Le des tombeaux s'est substitué au murmure des places publiques »
STAËL: « Le est profond dans cette ville [Venise], dont les rues sont des canaux ; et le bruit des rames est la seule interruption à ce »
LAMART.: « [Durant la nuit] Un pieux s'étend sur la nature »
    En le personnifiant.
SAINT-AMAND: « J'écoute, à demi transporté, Le bruit des ailes du Silence Qui vole dans l'obscurité »

 8   Fig. Absence d'agitation morale.
BOSSUET: « Si nous imposons à nos sens »
    Le des passions, le temps où elles laissent l'âme libre et calme.
BARTHÉL.: « Il faut briser ses chaînes, s'élever par des efforts redoublés jusqu'au monde intellectuel, s'approcher peu à peu de la suprême intelligence, et en contempler la nature divine dans le des sens et des passions »
    Imposer à ses passions, les réprimer, empêcher qu'elles ne troublent l'âme.

 9   Interruption dans un bruit.
CONDIL.: « Il n'y a point d'intervalle sensible entre les vibrations ; il n'y a point de entre les sons : voilà pourquoi le son paraît continu »
LAMART.: « Les échos assoupis ne livrent au zéphire Que des soupirs mourants, de s coupés »

 10   Terme de musique. Chacun des moments pendant lesquels, dans le courant d'un morceau, les chanteurs ou les instruments se taisent.
BUFF.: « Ces différentes phrases [du chant du rossignol] sont entremêlées de s, de ces s qui, dans tout genre de mélodie, concourent si puissamment aux grands effets »
FÉTIS: « Les sons et leur durée ne sont pas les seuls éléments de la musique ; le plus ou moins long y joue aussi un rôle fort important »
    Par extension.
J. J. ROUSS.: « Silences, signes répondant aux diverses valeurs des notes, lesquels, mis à la place de ces notes, marquent que tout le temps de leur valeur doit être passé en »

 11   Il se dit, dans la déclamation, des suspensions que fait celui qui parle.
VOLT.: « Il [Lekain] a quelquefois des s trop longs ; il en faut comme en musique, mais il ne faut pas les prodiguer »
VOLT.: « Si Mlle Durancey entend, comme je le crois, le grand art des s »

 12   Terme de peinture. Se dit, par opposition à fracas, du calme ou de la simplicité qui règne dans une composition, dans le coloris et la disposition des lumières. Il y a du dans ce tableau.

HISTORIQUE
    XIIIème siècle
     le Castoiement d'un père, dans le Dict. de DOCHEZ: Silence te convient avoir, Silence est signe de savoir
    XIVème siècle
BERCHEURE: « Et fut faite »
DU CANGE: « Une abusion est entre vous, que, si une de vous soit mise en par sa culpe, elle ne devroit lire, ne chanter, ne veer le sacrement de la messe »
    XVème siècle
JUVÉNAL: « En imposant, sur ce, à nostre procureur et à tous autres procureurs d'office »
E. DESCH.: « Mais non pourquant tint il au fort Sa jusqu'à la mort »
    XVIème siècle
MAROT: « ... D'un tel propos la rompit »
RAB.: « Tout le monde assistant et escoutant en bonne .... »
RAB.: « Frere Jean rumpant cestuy tant obstiné »
AMYOT: « Ils ne vont pas souvent aux champs, d'autant qu'ils ne peuvent supporter le requoy ni le de la solitude »
DESPORTES: « Soit que la nuict, toute chose appaisant, Couvre la terre et guide le .... »

ÉTYMOLOGIE
    Provenç. silenci, s. m. et silencia, s. f. espagn. silencio ; ital. silenzio ; du lat. silentium, de silere, se taire, qu'on rapproche du goth. silan, être tranquille ; comparez aussi le bas-bret. sioul, tranquille. L'ancienne langue avait le verbe siler, se taire : XIIIe siècle.
     Bibl. des chartes, 4e série, t. V, p. 323: [Le rossignol] S'en va et si va silant

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE SILENCE. Ajoutez :

 13   Terme de télégraphie. Interruption dans la transmission télégraphique.
     Journ. offic. 22 avril 1875, p. 2913, 2e col.: La municipalité a installé M. F...., mort actuellement ; les employés du télégraphe n'ont pas voulu l'accepter, et, vous connaissez l'expression télégraphique, ils ont fait ; j'étais à Oran, et, pendant une journée ou une demi-journée, je suis resté sans communications télégraphiques
     ib. 16 avril 1875, p. 2744, 1re col.: Des précautions avaient été prises à l'avance, en prévision d'une invasion du télégraphe ; le cas échéant, le signal devait être communiqué à toutes sections correspondant avec Alger

HISTORIQUE
    Ajoutez : XIIème siècle
     li Dialoge Gregoire lo pape, 1876, p. 32: Li intergetteiz s de la voiz


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


Il ne se dit proprement qu'en parlant De l'homme, et sert à marquer L'état où est une personne qui se tait, qui s'abstient de parler. "Garder le . Garder le sur une chose. Observer le . Faire . Faites faire . Rompre le . Puisque vous le voulez, je me tiendrai, je demeurerai dans le . Mon vous en dira plus que mes paroles. Le est quelquefois éloquent. Il répondit par un noble . Il ne répond rien à toutes ces accusations, son le condamne. Un prudent. Imposer . Il souffre en . On a acheté son . Je vous demande du , un instant de . Un perpétuel. Un morne . Un long . Un profond . Le médecin lui a prescrit le ."
Il s'emploie quelquefois elliptiquement, par forme d'interjection, au lieu de Faites , faisons . "Silence, messieurs." On dit aussi quelquefois, "Du ; un peu de ."
Fig., "Le des passions," se dit de L'état opposé au trouble où les passions nous jettent, et qui nous empêche de bien juger des choses. On dit de même, "Imposer à ses passions," Les réprimer, empêcher qu'elles ne troublent l'âme, qu'elles ne l'agitent.
Fig., "Imposer aux médisants, à la calomnie, au mensonge, etc., les réduire au ," Faire que leurs médisances, que leurs calomnies, etc., ne trouvent plus de crédit, et qu'ils soient par là forcés de se taire.
Fig., "Le de la loi," se dit Pour signifier que le cas dont il s'agit n'est pas prévu par la loi.
En termes de Chancellerie et en Matière criminelle, "Le roi imposait à ses procureurs généraux," lorsqu'il leur défendait de poursuivre davantage l'affaire criminelle pour laquelle il avait donné des lettres d'abolition.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



sert aussi à indiquer Cessation de commerce de lettres entre personnes qui étaient dans l'habitude de s'écrire. "Il y a longtemps que je n'ai reçu de vos nouvelles; quelle est la cause de votre , de ce long ? Après avoir été long-temps sans vous écrire, je romps enfin le ."
Il se dit encore pour faire connaître qu'un auteur n'a rien dit sur le fait ou le sujet dont on parle. "Il n'y a rien sur cet événement dans les auteurs contemporains; leur prouve que cet événement n'a pas eu lieu. Le des journaux sur ce fait est extraordinaire." On dit dans un sens analogue, "J'ai adressé une demande à cet administrateur, à cette administration; mais il garde, elle garde le ."
"Passer une chose sous ," N'en point parler. "Passez cela sous . Je passe sous ses attentats, ses infidélités. Je passe sous les belles actions de ses ancêtres."



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi figurément, Le calme, la cessation de toute sorte de bruit. "Grand . Profond . Le de la nuit. Le des bois. Le des tombeaux. Rien ne trouble le qui règne en ces lieux. Vivre dans la retraite et dans le . Le des vents."
"Faire quelque chose dans le ," Secrètement, avec mystère. "Ils concertèrent dans le la perte de leur oppresseur."



4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



en termes de Musique, se dit de Certains signes qui répondent aux diverses valeurs des notes, et qui, mis à la place de ces notes, marquent que tout le temps de la valeur doit être passé en . "Observer les s."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. masculin 

SILENCIEUX, EûSE, adj. ["Silance", "cieû", "cieûze;" en vers "ci-eû", etc.] "Silence" est au "propre", l'état d'une persone, qui se tait, qui s'abstient de parler. 'Garder, observer, rompre le .
   On observe en frapant "un " farouche.
       Didon.
'"Le " des Historiens, sur ce fait, doit le rendre suspect. '"Votre ", sur cet article, prouve qu'il vous embarrasse. "Anon." "Pâsser sous "; ne pas parler de, "etc." = Fig. Cessation du bruit. '"Silence de la nuit", "des" bois, "des" vents, "etc."
   Les flambeaux presque éteints sous ces portiques sombres,
   Rendent plus éfrayans "le " et la nuit.
       Didon.
  Des victimes vous-même interrogez le flanc:
  Du " des vents" demandez-leur la cause.
      Iphigénie.
= "Silencieux" ne se dit que des persones. Taciturne, qui ne parle guère. 'C'est un homme fort "silencieux:" elle est bien "silencieûse" aujourd'hui!
   "Rem." 1°. "Silence" n'a pas de pluriel; et il ne se joint pas avec le pronom "un". Ce n'est qu'en Musique, qu'on dit "des s"; "un ", pour signifier une marque, qui désigne un repôs dans le chant. Hors de là on dit toujours "silence" au singulier. 'Vous l'assurez, dit-il, que malgré "vos s" votre père comun (Descartes) et votre mère font une liaison entre vous et lui. "Sév." Je crois qu'il falait dire, malgré "votre réciproque"; ou "de part et d'aûtre".
   Ils étoient quelquefois suivis par "un ". FONTEN. Dites, "par le ". = Avec une épithète, "un " fait fort bien. '"Un long", "un profond"; "un morne ". Acad. 'Un souris malin, un geste expressif, "un perfide", sont souvent plus cruels qu'une violente satire. "Anon."
   Un éternel
   Cachera cet amour, dont ma gloire s'ofense.
       Fonten.
'Mentor, les yeux baissés, gardant "un modeste", suivoit Télémaque. "Fénélon",
- 2°. "Faire ", se taire. Terre, "faites "! Écoutez Israel. "Athalie". = Il se dit sans régime~. '"M' ayant fait" ensuite "silence", j'ouvris mon livre des Évangiles. "Miss. Du Lev" Le pronom "me" est de trop.
- 3°. "Imposer "; faire taire. Il est beau au figuré. 'La misère ôse rârement réclamer les lois établies pour la protéger; et le crédit souvent "leur impose ". MASSILL.
   Prêt "d'imposer à" ce bruit imposteur,
   Achille en veut conoitre et confondre l' Auteur.
       Iphigénie.
  Un devoir rigoureux, dont rien ne me dispense,
  Doit "forcer" pour toujours votre amour "au ".
       RHADAMISTE.
'Ils ont aquis à leurs partisans le droit "d'imposer le " à quiconque n'est pas de leur avis. LING. Il me semble que dans cette expression, "silence" se dit sans article et que "le" est superflu. Avec "prescrire", ou "comander", je pense que "le " irait fort bien.
- 4°. On dit, "rompre le ", et non pas "rompre son ", comme a dit "Corneille":
   Il atend votre humen, pour "rompre son ".
       Agégilas.
On sait bien que ce n'est pas le d'un aûtre. C'est comme "garder son" lit, j'"ai mal à mon" pied, "etc." Voy. GARDER.
- 5°. "Garder le " parait être une expression consacrée par l'Usage. "Voltaire", qui avait besoin d'une syllabe de plus, a substitué, "observer" à "garder".
   "Sur" ce qu'on vu vos yeux "observez le ".       Cic.
"Observez le " est une expression de Couvent. On a vu plus haut, "observer un farouche", mais il y a de la diférence d'une expression à l'aûtre. = M. "Linguet" fait régir l'ablatif à "garder le ". 'Puisque le Ministre prudent "en a gardé le ". On dit "sur", ou "là dessus". = "Demeurer en " a le même sens; mais il ne se dit qu'au propre, et sans régime. 'Calipso étonée et atendrie "demeroit en ". TÉLÉM.
- 6°. Quelques-uns et "La Touche" entre aûtres écrivent "silentieux" avec un "t"; aparemment à cause de l'étimologie latine, "silentium;" mais l'analogie française mérite la préférence, "silence". = Selon M. "Andry", cet adjectif n'est en usage que dans le discours familier. 'Vous êtes bien "silencieux" aujourd' hui.
- L'"Acad." n'en distingue point l'usage.
- Il parait que "taciturne" serait plus noble, mais il n'a pas tout-à-fait le même sens. On peut être "silencieux" par intervales; mais quand on est "taciturne", on l'est toujours. Il ne signifie pas seulement, "qui parle" "peu", comme "silencieux", ou même, "qui ne dit mot", il veut dire, qui est d'"humeur à parler peu", ce qui est habitude et vient du caractère. On ne pourrait donc pas dire: vous êtes bien "taciturne aujourd'hui"; car on pourrait répondre avec vérité, "Monsieur l'est toujours", ou, je "le suis toujours". = Suivant M. l'Ab. "Roubaud", le "silencieux" garde le : le "taciturne" garde un opiniâtre. Le premier ne parle pas quand il pourroit parler: le second ne parle pas, même quand il devroit parler. Le "silencieux" n'aime pas à discourir; le "taciturne" y répugne, "etc."~ "Nouv. Syn. Fr."




Emplacement dans le dictionnaire :

signification
significativement
signifié
signifier
signole
sikh
sikiou
sikiouter
sil

silencieusement
silencieux
silène
silésienne
silex
silhouette
silhouetter
silhouetter (se)
silicate
silicaté
silice




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Jean MORÉAS (Iphigénie)

...mon malheureux courage ; car qui peut retenir ces rois armés d'airain et taire la rumeur de ces soldats sans frein ? Ardents à naviguer, avec impatience ils supportent des vents le calme et le silence. Pour que les dieux, hélas ! Accordent de venger l'injure que nous fait un barbare étranger, l'oracle a demandé le sang de ma famille : a la nécessité je t'immole, ma fille. Ce que je fais, il est...


Citation n°2 de Jean MORÉAS (Les Stances)

...des tilleuls ; à l'écart je vais, et je rejette au loin, de ma nature la plus commune part. Je sens mon rêve ici croître sans violence comme mûrit le fruit, et du clocher du bourg, sur l'aile du silence, un son s'élève et fuit. Clartés du ciel, ô voix de l'heure, ombrage sombre, tranquille vétusté de ces lieux, liguez-vous pour assaillir en nombre mon coeur de tout côté. 6e LIVRE (V) Je vous...


Citation n°3 de Pierre LOTI (Le Mariage de Loti : Rarahu)

...et le prestige de sa jeunesse, dont les navigateurs d'autrefois nous ont transmis l'original souvenir. Les femmes de sa suite avaient, dans cette pénombre d'un appartement fermé, dans ce calme silence du jour tropical, un charme indéfinissable. - elles étaient belles presque toutes, de la beauté tahitienne : des yeux noirs, chargés de langueur, et le teint ambré des gitanes. -leurs cheveux...


Citation n°4 de Pierre LOTI (Le Mariage de Loti : Rarahu)

...extrémités du monde. -tous deux avaient l'habitude de l'isolement et de la contemplation, l'habitude des bois et des solitudes de la nature ; tous deux s'arrangeaient de passer de longues heures en silence, étendus sur l'herbe et la mousse ; - tous deux aimaient passionnément la rêverie, la musique, -les beaux fruits, les fleurs et l'eau fraîche... 1ère PARTIE, XXXXIX ... il n'y avait pour le moment...


Citation n°5 de Pierre LOTI (Le Mariage de Loti : Rarahu)

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